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Les petites chroniques de Cully

Et si je vous racontais un peu ce qui se passe par chez moi...

Mercredi 10 juillet 2024,
sur les bords du Léman, le débarcadère au parasol

La grisaille du matin tire sa révérence sur la pointe des pieds, laissant encore s’égoutter quelques pluies fines. Le débarcadère s’est vêtu de son parasol, encore un peu de béton à sécher. Les travaux s’achèvent enfin. Les Culliérans ont veillés. Photographiées, scrutées, les avancées ont été commentées et saluées par les villageois et les passants. Nul doute que quelques verres aient teintés au Major Davel devant le défilé impressionnant des machines de chantier. L’arche de Noé d’Orllati, aux couleurs du Léman, va bientôt se retirer. Le ponton a repris ses formes, ses poteaux et son élancée vers le large. Les barrières ont été posées de part et d’autre, elles se pareront rapidement de nouveaux arrangements floraux, invitant déjà les passagers à embarquer.

Jeudi 4 juillet 2024,
sur les bords du Léman, le vignoble flamboyant

L’heure dorée d’une soirée de juillet s’empare des vignes de Lavaux. Eclatantes de lumière, alors que le gris sombre du Chablais se dissipe en arrière-plan. Contraste. Dégradé de blanc, de bleu et de vert. Dans l’herbe des quais de l’Indépendance, les préparatifs des festivités à venir ont déjà trouvé leur place. Les tables, les bancs en bois, ainsi que le petit chapiteau qui servira de bar sont prêts à accueillir les boulistes et spectateurs de la compétition de samedi. Pour l’heure, ce ne sont que six personnes qui se sont regroupées sur les graviers du quai afin de peaufiner encore un peu leurs techniques. Les boules s’élancent à l’assaut du cochonnet, les conseils et les recommandations lancées dans la foulée. Vingt et une heures résonnent au clocher, il est temps de se rentrer. Dernier coup d’œil jeté sur l’horizon. Des couleurs toujours en déclinaison.

Lundi 24 juin 2024,
sur les eaux du Léman, toutes voiles dehors

La fin d’après-midi s’installe à Cully. Sur les eaux du Léman, la danse des voiliers va bientôt commencer. Les régatiers sortent l’un après l’autre du port. Se lancent à l’assaut des bouées colorées, déjà posées au large. Passants, habitués ou touristes, tout le monde a les yeux rivés sur l’horizon. Une main en visière ou un appareil à la main, le spectacle est captivant. Toutes voiles dehors, les chorégraphies s’enchaînent dans les vents. Les toiles claquent. Les voix résonnent au loin. Rames dehors ou moteur ronronnant, les bateaux du sauvetage sont aussi de sortie. Les baigneurs se posent sur leur linge de bain, il est l’heure d’assouvir une petite faim. Derniers jours de juin, l’été va bon train.

Mardi 18 juin 2024,
sur les bords du Léman, la posture du chat

Les promeneurs du bord du lac remontent l’allée du Cheminet, accompagnés de leur fidèle compagnon à quatre pattes. La première balade des chiens se termine. Les minutes se teintent déjà, peu à peu, des couleurs d’une journée bien ensoleillée. Sur la digue du petit port, un félin au poil d’or a pris place sur un rocher. A côté de lui, une jeune femme étendue sur son tapis, pratique sa discipline matinale. Etirement, après étirement. Respiration dans le vent, après expiration dans le flot des vagues, la dame déploie son corps dans l’élégance des gestes fluides du yoga. Le rouquin à ses côtés, reste quant à lui, posé là. Assis sur la digue, yeux clos, truffe en l’air, se délectant du moment présent.

Mercredi 12 juin 2024,
sur les bords du Léman, matin shooting

Le lac s’éveille à peine, encore quelques souffles de la nuit, quelques ondées. Tout au bout de la jetée du petit port, le héron prend la pose. La tête relevée, sa prestance et toute sa grâce déployée. En face de lui, juste à quelques mètres, l’objectif impressionnant d’une photographe aux aguets. Regards croisés, les ailes de l'oiseau, le doigt de la photographe sont prêts à dégainer. Au moindre geste de la dame, monsieur se fera la belle. Les secondes s’égrènent, le frais du petit matin se dissipe, le soleil se montre enfin, la lumière est parfaite. Le shooting photo prend fin, monsieur a tiré sa révérence, à tire d’ailes, s’est envolé.

Dimanche 26 juin 2022,
sur les bords du Léman, jour de marché

Alors que le ciel s’éclairci aussi lentement que possible après les pluies de la nuit, les marchands terminent de monter leurs étals. Aux dix coups de l’horloge, les grandes tables en bois ont revêtu leur nappe à points blancs et ont pris place sur l’allée centrale. Les flaques d’eau s’évaporent peu à peu, sous l’agitation des bambins. Sur les gravillons, les promeneurs, les passants et les clients s’agglutinent à la recherche d’un encas, d’un nouveau panier, d’un bijou fantaisie, d’un savon aux senteurs d’ailleurs, d’une petite robe d’été, de quelques fruits, légumes ou d’épices colorées. Les verres bien remplis vont bientôt tinter, il est onze heures. On croise ses voisins, son boulanger, sa blanchisseuse, son épicier. Le soleil prend ses aises, les tables et les chaises glissent lentement à l’ombre des marronniers. Les conversations vont bon train, les estomacs se remplissent. Les heures s’écoulent, les bouteilles de vin du vigneron présent font de même. Tout ceci sur le rythme sonore des arrivées du Vevey attachant ses amarres au débarcadère de Cully. La journée avance, les repas chauds font place aux glaces entre les mains des visiteurs, il est déjà quinze heures. Alors que la scène du concert du Lavaux Classic plie ses bagages, les exposants servent leurs derniers clients. Les moineaux commèrent déjà sur le festin parsemé dans les graviers que les grignoteurs leur ont laissé. Seize heures sonnent au clocher, le marché est terminé.

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